Article réalisé en partenariat avec Eviden, à l'occasion du salon Eurosatory 2026.
Depuis 2022, l’Ukraine a remis la guerre électronique au centre des opérations militaires. Drones de reconnaissance, brouillage, guerre des signatures : le conflit a démontré, jour après jour, ce que signifie combattre dans un spectre saturé et disputé. Les engagements récents au Moyen-Orient ont enfoncé le clou : la supériorité opérationnelle se joue d’abord dans l’invisible, dans les fréquences, avant de se traduire en frappes. Le renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) embarqué sur drone est au cœur de cette réalité. C’est précisément là qu’Eviden, et son activité spécialisée en guerre électronique Avantix, entendent peser, à l’occasion du salon Eurosatory 2026, du 15 au 19 juin.
Le ROEM, accélérateur du tempo opérationnel
Pendant des années, le drone ISR a été une ressource sous forte tension, arbitrée au niveau opératif et le plus souvent réservée aux opérations spéciales. Les opérations extérieures (OPEX) de contre-insurrection ont pourtant démontré toute sa valeur : équipé de charges utiles ROEM et optroniques combinées, il permettait de détecter, caractériser et localiser des groupes armés dans des zones immenses, avec une réactivité qu’aucun autre capteur ne pouvait égaler.
Le retour des engagements de haute intensité change la donne. La massification des dispositifs opérationnels, conjuguée à la diversification des plateformes, rend impératif le passage au drone bi-charges, c’est-à-dire un vecteur combinant sur un seul appareil détection large spectre et acquisition précise. Ce tandem, capteur ROEM pour qualifier l’émetteur cible et charge ROIM pour le localiser au mètre près, accélère considérablement le délai entre la détection et l’engagement. Et à mesure que les plateformes se multiplient et que leur coût unitaire baisse, cette capacité se démocratise du niveau opératif jusqu’à l’unité tactique.
Pour une force terrestre en opération, acquérir un objectif avant de l’engager demande une coordination fine de capteurs complémentaires. Le radar GMTI1 détecte un émetteur en mouvement. Le ROEM qualifie sa nature et oriente le choix vers la cible prioritaire. Le capteur optronique précise enfin sa position avec la précision métrique requise pour le tir, en combinant vision champ large et champ étroit sur un seul vecteur : c’est la promesse concrète du drone bi-charges
À court terme, des équipages de drones ROEM/ROIM2 et Radar/ROIM opéreront probablement de façon coordonnée pour réduire encore la capacité de réaction adverse. Ce n’est plus une perspective lointaine : les architectures ISR3 multi-capteurs existent, les interfaces sont normalisées, et des industriels comme Eviden proposent déjà des solutions interopérables, conçues en mode « plug and flight » pour s’intégrer aux systèmes C24 (commandement et contrôle), aux liaisons de données et aux consoles opérateurs des forces.
Du mini-drone au MALE : des charges utiles qui s’adaptent à chaque vecteur
L’un des défis opérationnels majeurs reste la modularité. Les armées ne disposent pas d’une flotte homogène : mini-drone, drone tactique léger, drone MALE5, chaque classe répond à des besoins spécifiques et contraint différemment l’intégration d’une charge utile. Avantix, l’activité guerre électronique d’Eviden, a structuré sa gamme autour de cette réalité du terrain.
Sur les mini-drones, une charge unique, souvent ROEM ou MSE (Mesure de Soutien électromagnétique), offre aux unités de guerre électromagnétique (GE) une souplesse nouvelle : mise en station rapide, repli immédiat, surveillance du spectre sans exposer les systèmes terrestres dans un contexte où la transparence du champ de bataille est totale. Sur les plateformes tactiques légères et MALE, la configuration bi-charges ROEM/ROIM devient la référence pour accélérer le processus de désignation d’objectifs dans un Kill web synchronisant capteurs et effecteurs.
À cela s’ajoute un atout technologique propre à la gamme Avantix : un capteur ROEM capable de localiser instantanément un émetteur cible en combinant des relèvements électromagnétiques simultanés en azimut et en élévation. Ce procédé réduit considérablement le temps de localisation, ce qui n’est pas un détail quand on parle d’objectifs fugaces dans l’environnement électromagnétique dense des combats de haute intensité.

Eviden lance ELIT AI, sa nouvelle charge ELINT
La miniaturisation des capteurs est aujourd’hui l’une des tendances structurantes du secteur. La gamme Avantix y répond déjà avec plusieurs capteurs ROEM compacts, conçus notamment pour l’intégration sur drones. Dans cette continuité, le lancement d’ELIT AI, charge ELINT6 nouvelle génération, marque une nouvelle étape : une version compacte aux applications élargies, pensée pour les plateformes contraintes en poids et en volume, mais pas uniquement.
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le traitement des données n’est pas un argument de présentation : c’est une nécessité opérationnelle. Face à la densité du spectre électromagnétique en zone de haute intensité, un opérateur seul ne peut plus absorber le flux d’informations. L’IA assiste la caractérisation des signaux, filtre les émissions parasites, hiérarchise les alertes et réduit le temps de décision. Ce que les solutions Avantix embarquent, c’est précisément ce lien entre capteur brut et renseignement directement exploitable.
ADAPT, SDLRAT, SDTL : ce que les forces attendent
Les armées françaises ont clairement exprimé leurs besoins : une trame drone structurée du mini-vecteur au MALE, des capacités ISR distribuées jusqu’à l’échelon tactique, et des charges utiles qui s’intègrent sans délai aux systèmes en service. Les programmes ADAPT7 et SDLRAT8 de la Direction générale de l’armement (DGA), et SDTL9 de la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé) en sont la traduction programmatique concrète, des jalons qui dessinent précisément les contours des besoins opérationnels auxquels les solutions Eviden sont en mesure de répondre.
Avantix a aussi pensé à la formation pour le segment le plus dimensionnant. L’intégration des charges utiles pour drones MALE sur avions légers ouvre une voie pragmatique pour former les opérateurs, s’affranchir des contraintes réglementaires qui pèsent sur l’usage des drones en France, et maintenir un niveau de préparation opérationnelle sans mobiliser les précieux vecteurs de combat. Une approche duale qui illustre bien la philosophie d’Eviden : des technologies au service de l’efficacité, pas de la complexité.
Eviden, au carrefour de trois révolutions
Le ROEM a longtemps été traité comme une capacité spécialisée, réservée à quelques unités dédiées. Les conflits récents le replacent au centre du jeu. Le 8 avril dernier, devant les députés de la Commission de la défense nationale et des forces armées, la ministre des Armées Catherine Vautrin était directe : « l’évolution du conflit renforce le caractère critique de la guerre électronique », dans un environnement où les forces agissent désormais en permanence dans un spectre brouillé, où communiquer, se localiser et diriger ses tirs est devenu un défi quotidien. D’où la nécessité, selon elle, de « se doter de capacités offensives et défensives accrues » dans ce domaine.
Eviden, au travers des solutions Avantix et de ses quarante ans d’expertise en radiofréquence, positionne ses solutions à la croisée de trois révolutions simultanées : la dronisation du champ de bataille, la numérisation accélérée des armées et l’irruption de l’intelligence artificielle dans la chaîne décisionnelle. Les besoins des forces n’attendent pas, et les solutions existent déjà.
À Eurosatory, du 15 au 19 juin 2026, les experts en guerre électronique d’Eviden seront là pour en discuter concrètement. Les charges utiles Avantix ne sont pas des démonstrateurs : elles volent, elles ont été éprouvées en conditions réelles, et elles sont disponibles dès maintenant pour les forces françaises et leurs alliés. Rendez-vous au stand Hall 5A-J128.
- Ground moving target indication ↩︎
- Renseignement d’origine image ↩︎
- Renseignement, surveillance et reconnaissance ↩︎
- Command and Control ↩︎
- Moyenne altitude et longue endurance ↩︎
- Electronic Intelligence ↩︎
- Acquisition D’une cAPaciTé initiale de drone d’appui dans la profondeur ↩︎
- Systèmes de Drones Légers de Renseignement d’Appui Tactique ↩︎
- Système de drone tactique léger ↩︎
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