Elistair et Exail s’allient pour une surveillance maritime sans limite d’horizon
La surveillance des espaces maritimes pourrait bien changer de visage, grâce à un partenariat noué entre deux entreprises françaises de la défense. Elistair, spécialiste des drones captifs, et Exail, expert des systèmes autonomes navals, ont intégré leur savoir-faire respectif sur une même plateforme. Résultat : un drone de surface (USV) qui voit désormais bien plus loin que ce que ses capteurs de bord lui permettaient jusque-là.
Le principe repose sur l’association de deux systèmes déjà éprouvés séparément. D’un côté, le Khronos DroneBox, un drone relié à sa station par un câble qui lui fournit une alimentation continue. De l’autre, le DriX, un navire autonome conçu par Exail pour les missions maritimes longue durée. En combinant les deux, les ingénieurs offrent aux opérateurs une vue aérienne permanente, alors que le drone décolle directement de l’avant du navire et grimpe jusqu’à 60 mètres d’altitude, où il peut rester en vol jusqu’à 24 heures d’affilée sans jamais couper le contact avec sa base.

L’intérêt ne s’arrête pas là. Grâce à une fonction de suivi automatique, le drone reste positionné au-dessus du navire même lorsque celui-ci se déplace. Il transmet des images en direct, cryptées, via une liaison sécurisée, et continue de fonctionner dans des environnements privés de GNSS1, une contrainte fréquente dans les zones où le brouillage électronique complique les opérations. Autre atout : l’ensemble du dispositif, navire et drone confondus, se pilote à distance depuis la terre, sans qu’aucun équipage n’ait besoin de prendre la mer.
« Repousser la limite de l’horizon »
Pour Guilhem de Marliave, directeur général d’Elistair, cette intégration marque une étape importante. « Les capteurs de surface s’arrêtent à l’horizon », résume-t-il, avant d’ajouter que Khronos permet justement de dépasser cette limite grâce à une observation mobile et continue. Du côté d’Exail, Stéphane Vannuffelen, directeur technique des solutions d’autonomie maritime, insiste sur la philosophie du navire : « Le DriX a été conçu comme une plateforme ouverte », rappelle-t-il, capable d’accueillir de nouvelles charges utiles au fil des besoins opérationnels.
Concrètement, cette combinaison vise plusieurs terrains d’application : la protection des ports et infrastructures sensibles, la lutte contre les trafics en mer, ou encore les opérations de recherche et de sauvetage.
Ce partenariat intervient dans un contexte particulier pour Exail. Début juillet, l’entreprise a fait l’objet d’un accord entre Thales et la famille Gorgé, actionnaire majoritaire, en vue d’un rachat qui doit se poursuivre par une offre publique d’achat sur l’ensemble du capital. L’opération, encore en cours, ne modifie pas pour l’instant les activités opérationnelles d’Exail, dont l’intégration du Khronos illustre la poursuite des développements technologiques.
Photo © Exail
- Géolocalisation et Navigation par un Système de Satellites ↩︎
