OpexNews
  • ACCUEIL
  • À PROPOS
  • NOUS CONTACTER
OpexNews

Tapez et appuyez sur Entrée pour effectuer la recherche

OpexNews
  • ACCUEIL
  • À PROPOS
  • NOUS CONTACTER
OpexNews

Tapez et appuyez sur Entrée pour effectuer la recherche

Actualités

Vorexon, l’arme que Destinus a conçue pour gagner la bataille… des coûts

Pierre SAUVETON
22 juillet 2026 3 Mins de lecture

À Farnborough, où se pressent cette semaine constructeurs et délégations militaires du monde entier, Destinus n’a pas manqué son entrée. La start-up européenne, fondée en 2021 par le dissident russe Mikhail Kokorich, a profité de la première journée du salon pour dévoiler Vorexon, un intercepteur terrestre encore au stade de concept, pensé pour protéger les sites les plus sensibles contre les roquettes d’artillerie et certains obus.

Pas question, ici, de vouloir tout arrêter. C’est même tout l’inverse. Vorexon ne cherche pas à intercepter chaque projectile qui survole un front, mais seulement ceux qui menacent un site précis : un poste de commandement, une batterie de défense aérienne, un dépôt de munitions, un pont ou une plateforme logistique. Devant la presse à Farnborough, Mikhail Kokorich a résumé l’enjeu en une phrase : « L’Ukraine a montré que l’objectif ne peut pas être d’intercepter chaque obus d’artillerie. » Le patron de Destinus a ensuite précisé sa pensée : il ne s’agit plus d’abattre chaque obus, mais de repérer la poignée de projectiles qui visent vraiment des infrastructures sensibles, puis de concentrer l’effort de défense sur ceux-là.

destinus vorexon
Photo © Destinus

La formule n’a rien d’anodin. Sur le front ukrainien, l’artillerie russe a parfois tiré jusqu’à 20 000 obus par jour, un volume qu’aucun système d’interception classique ne peut absorber sans finir ruiné. Une roquette coûte quelques dizaines de milliers de dollars à produire. Y répondre systématiquement avec des intercepteurs bien plus onéreux revient, à terme, à perdre la partie, même quand chaque tir touche sa cible. Destinus veut donc produire un missile dont le prix, de l’ordre de quelques centaines de milliers de dollars, resterait proche de celui des menaces qu’il abat. De quoi en faire un rival direct du Tamir, l’intercepteur israélien du Dôme de Fer.

Un missile déjà en vol en Espagne

Sur le papier, Vorexon reste rapide et compact : un engin monobloc conçu pour dépasser Mach 2 (~2,500 km/h), certaines déclarations évoquant même Mach 2,7 (~3,330 km/h), avec une portée annoncée autour de 20 kilomètres et une charge de 8 kg. Des radars extérieurs détecteraient les menaces entrantes et calculeraient leur point de chute probable, avant qu’un radar actif embarqué ne prenne le relais en phase terminale. Tiré depuis un conteneur fixe ou monté sur véhicule, l’intercepteur resterait sous le contrôle d’un opérateur jusqu’à l’engagement final.

Reste à transformer ce concept en missile opérationnel. Destinus promet des essais dès 2027, puis une montée en cadence industrielle l’année suivante, en partie dans ses usines espagnoles et allemandes. Kokorich affirme même que des prototypes volent déjà en Espagne, un détail qui donne à penser que le projet a dépassé le stade de la simple maquette exposée sous les projecteurs de Farnborough.

Thales, allié de poids pour Destinus

L’annonce ne tombe pas seule. Le même jour, l’entreprise a signé un partenariat stratégique avec Thales portant sur cinq domaines : la lutte anti-drones, la production conjointe du drone intercepteur Hornet, les effecteurs longue portée, les munitions larguées depuis des avions de transport tactique et les futurs intercepteurs sol-air intégrés à la défense antimissile de l’OTAN. Destinus participe aussi, aux côtés d’Airbus Defence and Space, de MBDA Deutschland et de Safran Electronics & Defense, au consortium Bliksem EXO, chargé de développer un intercepteur exo-atmosphérique européen contre les missiles balistiques.

opexjobs

Le contexte du salon donne de l’écho à l’annonce. Farnborough 2026 réunit un peu plus de 1 600 exposants, soit 15 % de plus qu’à la précédente édition, et la défense y tient clairement le haut de l’affiche face à un civil toujours en mal de nouveaux programmes. L’Américain Anduril avait créé la surprise dès lundi matin avec Thunder, son drone d’attaque à rotors basculants développé avec Archer, tandis que le Sud-Coréen KAI présentait de son côté un drone de combat collaboratif. Vorexon s’inscrit dans cette compétition, mais avec un argument différent : moins une prouesse de vitesse qu’une réponse au problème très concret du coût, celui qui décide, sur la durée, qui tient la distance dans une guerre d’attrition.

Autant de signes que l’industrie de défense européenne cherche, à Farnborough comme ailleurs, à combler ses propres manques sans se reposer uniquement sur les solutions américaines ou israéliennes. Aucun client n’a pour l’instant signé, mais Kokorich assure discuter avec plusieurs pays européens, l’Ukraine en tête.

Image © Destinus

Tags:

artillerieDestinusEspagneFarnboroughindustrieintercepteurMikhail KokorichRussieThalesUkraineVorexon

Partager l'article

Les articles récents

destinus vorexon
Vorexon, l’arme que Destinus a conçue pour gagner la bataille… des coûts
Pierre SAUVETON
thales gm 200
GM200 : la Belgique rejoint la liste des clients européens de Thales
Pierre SAUVETON
greenerwave
Caméléon, Centaure : la DGA muscle les communications spatiales des armées françaises
Pierre SAUVETON
patriot lockheed martin
Lockheed Martin dévoile le PAC-3 ACE, un Patriot low-cost pour reconstituer les stocks
Pierre SAUVETON
aura aero enbata drole male
Jeremy Caussade (Aura Aero) : « Il faut réindustrialiser pour décarboner, mais aussi réindustrialiser pour se défendre »
Pierre SAUVETON

Nous contacter

À propos

Catégories
Actualités 307
Critique 16
Focus 99
Interview 28
Reportages 1
OpexNews

Comprendre et faire vivre les enjeux de défense, de la BITD et du renseignement.

OPEXNEWS © 2026. Tous droits réservés