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Le DriX H-9 d’Exail part à la chasse aux drones

Pierre SAUVETON
30 avril 2026 3 Mins de lecture

Un drone de surface pour neutraliser des drones volants. L’idée peut sembler tirée d’un scénario de science-fiction, mais elle répond à une réalité opérationnelle de plus en plus pressante. Exail vient de signer un nouveau contrat pour son engin autonome DriX H-9 avec un organisme de recherche en défense dont le nom reste confidentiel. L’annonce est tombée le 16 avril depuis Lincoln, dans le Rhode Island (USA), ce qui laisse peu de doutes sur la nationalité du client.

C’est la deuxième commande militaire pour le H-9 en quelques mois à peine. Et cette fois, la mission est inédite dans l’histoire de la famille DriX : le drone de surface va être configuré pour contrer des drones aériens, dans ce que les militaires appellent le CUAS (Counter-Unmanned Aerial System). Le client intégrera lui-même les équipements nécessaires, à partir de technologies de lutte anti-drones (LAD) déjà éprouvées sur des plateformes terrestres et maintenant portées vers le domaine maritime.

Pourquoi le H-9 ? Parce que ses caractéristiques collent bien à ce type de mission. Neuf mètres de long, 2,1 tonnes, vingt jours d’endurance, 2000 nautiques d’autonomie : c’est un engin conçu pour durer loin des côtes, avec une capacité d’emport qui laisse de la place pour des capteurs sérieux. Son architecture modulaire fait le reste : on embarque ce dont on a besoin, on adapte selon la mission.

Les leçons du feu

La menace qui motive tout ça, les conflits récents l’ont rendue impossible à ignorer. En Ukraine, les drones Shahed iraniens – des engins lents, peu coûteux, difficiles à intercepter en masse – ont frappé des infrastructures critiques et des bâtiments militaires avec une régularité qui a forcé toutes les marines occidentales à repenser leurs dispositifs de protection. Les Ukrainiens ont retourné la logique : leurs drones de surface kamikazes – construits pour une poignée de milliers de dollars – ont harcelé et endommagé plusieurs bâtiments russes en mer Noire, forçant la flotte à se replier vers des bases plus sûres.

En mer Rouge, les attaques houthies mêlant missiles et drones ont mis sous pression les escortes navales et confirmé la vulnérabilité des bâtiments de surface face à des menaces saturantes venues du ciel. La Marine nationale en sait quelque chose : dès décembre 2023, la FREMM Languedoc a dû ouvrir le feu contre des drones houthis qui la visaient directement, avant que la FREMM Alsace ne soit à son tour engagée dans le golfe d’Aden en mars 2024, contrainte d’utiliser l’ensemble de ses systèmes d’armement pour abattre plusieurs drones. L’Iran, derrière tout ça, a largement contribué à diffuser ces tactiques dans plusieurs théâtres. Résultat : l’idée de projeter une capacité CUAS directement sur l’eau (mobile, autonome, sans équipage exposé) est passée du statut de concept prospectif à celui de besoin opérationnel concret.

La force tranquille d’Exail

Pour Exail, cette commande s’ajoute à une série qui commence à ressembler à une vraie dynamique commerciale dans le secteur défense. En janvier, une marine que le groupe qualifiait de « premier plan » avait déjà commandé un H-9 pour une mission CUAS similaire. Le même mois, le Shom (Service hydrographique de la Marine nationale) prenait livraison d’un H-9 pour ses propres besoins, après un H-8 acquis fin 2024. Et à l’été 2025, cinq DriX H-8 rejoignaient une marine européenne anonyme pour des missions de surveillance et de renseignement.

Ce qui est frappant dans cette trajectoire, c’est qu’Exail ne cherche pas à faire du DriX un engin purement militaire. La plateforme reste massivement utilisée pour des relevés bathymétriques et des campagnes océanographiques ; c’est même là qu’elle a fait ses preuves depuis 2017. Mais cette dualité devient un argument de vente en soi, dans un contexte où les marines cherchent à mutualiser leurs investissements dans les systèmes autonomes. Signe de l’excellence française : les H-9 sortent toujours du chantier de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône. La fabrication reste française : les clients, eux, sont de plus en plus loin.

Photo © Exail

Tags:

BITDCounter-Unmanned Aerial SystemCUASdéfenseDriXDriX H-9dronesExailIranLutte anti-dronesShahedtechnologieUkraine

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