La Bundeswehr commande 60 radars de surveillance terrestre GO12 à Thales Deutschland
Il aura fallu passer par Kiev pour y arriver. En janvier 2025, Berlin commandait plus de mille radars Ground Observer 12 (GO12) à Thales Deutschland, non pas pour ses propres soldats, mais pour les forces ukrainiennes. Plus d’un an après, le BAAINBw1 vient de notifier un nouveau contrat au même industriel pour 60 exemplaires supplémentaires, cette fois destinés à la Bundeswehr. Première adoption officielle du système par l’armée allemande.
Ce GO12 ne débarque pas de nulle part. En France, l’armée de Terre l’a intégré dès 2019 sous le nom de MURIN2, en remplacement des vieux RASIT3 et RATAC4. En Ukraine, il tourne depuis plusieurs années dans des conditions de combat réelles, ce qui, en matière de validation opérationnelle, vaut tous les exercices du monde.
La Bundeswehr, de son côté, avait déjà engagé sa modernisation radar en 2021 avec le programme BARÜ5, confié à Elektroniksystem- und Logistik-GmbH en partenariat avec Elta, filiale d’Israel Aerospace Industries (IAI). Un système différent, une filière différente, un segment différent. Le GO12 vient combler l’échelon tactique bas, là où l’infanterie, les unités de reconnaissance et les brigades feu ont besoin d’un outil portable, rapide à mettre en œuvre et immédiatement exploitable.
Polyvalent, discret, éprouvé au feu
Thales a conçu le GO12 pour tenir dans le dos d’un homme, ou presque. Le capteur seul pèse 17 kg, soit 4 kg de moins que ses concurrents directs et 40% plus compact. Une fois en place, il surveille à 360° sans interruption, détecte un véhicule à près de 17 km et repère un fantassin à plus de 8 km, de nuit comme par mauvais temps. Six heures d’autonomie sur batterie, sans générateur, sans véhicule support. Et si la situation l’exige, il se fixe sur un quad ou un robot terrestre pour suivre le mouvement.
Son autre atout discret : un mode de fréquence agile qui brouille sa signature électronique et complique considérablement le travail des systèmes de guerre électronique adverses. Un détail qui, sur un champ de bataille saturé de capteurs, peut faire toute la différence. Ce n’est pas anodin si le système est aujourd’hui déployé dans une vingtaine de pays, avec plus de 500 unités en service.
Ce qui le distingue vraiment reste sa capacité à guider des tirs indirects en temps réel. Le GO12 ne se contente pas d’observer : il localise les impacts de mortier ou d’artillerie à quelques mètres près et permet de corriger le tir immédiatement. Un outil de surveillance qui devient, selon les besoins, un véritable multiplicateur de puissance feu.
La Bundeswehr a cette fois l’avantage de savoir exactement ce qu’elle commande. Le GO 12 est un système éprouvé, déployé dans une vingtaine de pays et validé au combat en Ukraine. Fabriqué à Ditzingen, près de Stuttgart, le GO12 a par ailleurs l’avantage d’être un produit allemand. Pour Thales Deutschland, le contrat referme une boucle singulière : la même usine qui livrait des radars pour Kiev en livre désormais pour la Bundeswehr ; et compte bien accélérer, avec une production prévue de 500 unités en 2027, contre 80 seulement en 2024.
- Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr ↩︎
- Moyen de surveillance Utilisant un Radar d’observation des INtervalles ↩︎
- Radar d’acquisition et de surveillance des intervalles ↩︎
- Radar de tir de l’artillerie de campagne ↩︎
- Bodengebundene Aufklärungs- und Raumüberwachungssystem ↩︎
Photo © Thales