Après la tempête financière traversée par le groupe Atos et le recentrage opéré avec la cession de Bull, Eviden avance avec une feuille de route clarifiée : produits et systèmes critiques pour la sécurité, la cybersécurité et la défense, articulés autour de trois piliers (IA, cybersécurité et souveraineté). Un positionnement singulier, à la croisée de l’agilité d’une entreprise de services numériques de dimension mondiale et des exigences les plus sensibles du secteur de la défense.
Son CEO, Pierre-Yves Jolivet, détaille pour OpexNews la trajectoire du groupe et ses priorités technologiques. Capteurs de renseignement électromagnétique, combat collaboratif, lutte anti-drones, cryptographie post-quantique, cybersécurité augmentée par l’IA : tour d’horizon d’un acteur qui entend tenir le rythme d’une innovation tactique accélérée par la guerre en Ukraine.
OpexNews : Après une période de turbulences financières pour le groupe Atos et le recentrage opéré avec la cession de Bull, quel message adressez-vous à vos collaborateurs comme aux candidats sur la stabilité et le projet de long terme d’Eviden ?
Pierre-Yves Jolivet : C’est effectivement une question assez facile à traiter. Nous avons réalisé la restructuration financière du groupe Atos fin 2024. En 2025, nous avons passé beaucoup de temps à remettre l’entreprise dans un mode de fonctionnement optimal et à bien reclarifier le fonctionnement du groupe autour de ses deux branches : la branche Atos, qui assure l’ensemble des services numériques aux entreprises et la branche Eviden. À l’époque, il y avait Bull, qui a depuis été cédé, ainsi que les activités de produits et de projets pour la sécurité, la cybersécurité et la défense.
Cette organisation a été bien comprise de nos clients. Au quatrième trimestre 2025, des clients dont les contrats arrivaient à échéance sur 2024-2025 nous ont refait confiance en les prolongeant ; y compris l’Office fédéral suisse de la protection de la population (OFPP), sur un contrat de cinq ans plus cinq ans, ou encore le ministère des Armées français.
Je pense donc que la phase d’incertitude financière et de restructuration est derrière nous. Elle est déjà intégrée par les clients comme par les équipes. D’ailleurs, nous n’avons pas connu de départs massifs : l’attrition naturelle des équipes est plutôt inférieure à celle du marché, autour de 5 à 6 %, ce qui permet à la fois un peu de mouvement – sans rien de problématique – et une bonne dynamique pour faire entrer de nouvelles compétences tout en conservant les compétences critiques.
Ensuite, et ce n’est malheureusement pas un scoop, avec l’instabilité géopolitique et des attaques en cybersécurité qui ne faiblissent pas, le secteur sur lequel Eviden est positionné dans son portefeuille est forcément un secteur de croissance, et ce dans une stratégie globale. La stratégie d’ensemble du groupe Atos s’articule autour de trois piliers : l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et la souveraineté. Nous contribuons à l’IA, évidemment, à travers nos produits, mais surtout aux deux derniers, où Eviden apporte une contribution particulière au positionnement du groupe, ce qui renforce aussi la crédibilité de l’ensemble sur ses éléments stratégiques.
Quels sont vos objectifs de croissance pour les trois prochaines années sur ce périmètre resserré, et quelle part y représente aujourd’hui la défense, une proportion appelée, j’imagine, à évoluer ?
Globalement, la défense représente une part importante, majoritaire sans en donner le détail complet, de ce périmètre, avec une croissance forte. Les autres secteurs connaissent eux aussi des croissances fortes. Quand on parle de cybersécurité, que ce soit pour la défense ou en dehors, on est sur des taux de croissance qui peuvent atteindre 5 à 10 % sur les marchés concernés. C’est aussi le cas pour les systèmes de computer vision (vision par ordinateur) à des fins de sécurité.
Notre objectif est donc de regagner des parts de marché, c’est-à-dire de croître plus vite que le marché sur cette activité dans son ensemble, sur l’activité liée aux forces armées comme au-delà.
Nous avons par ailleurs un positionnement assez intéressant, celui d’un acteur à la fois très ancré dans la défense, avec des sites capables de traiter des sujets très sensibles, et adossé à une ESN1 de dimension mondiale, avec tout ce que cela permet d’apporter en matière d’innovation ; une innovation qui, dans le domaine tech, vient en partie des États-Unis. Nous avons donc cette capacité à faire travailler ensemble les équipes Atos ou Eviden pour servir le besoin des armées françaises. Sur les différents appels d’offres, on retrouve généralement deux entités du groupe Atos : l’une est prime, l’autre contribue en apportant des éléments de sécurité ou d’intelligence artificielle, afin de pouvoir répondre conjointement.
Au-delà de la France, quels marchés européens visez-vous en priorité dans la défense, et la fragmentation des marchés nationaux freine-t-elle ces ambitions ?
La fragmentation des marchés nationaux reste un vrai débat en Europe. Les marchés sur lesquels nous sommes présents, ce sont essentiellement la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne. Et puis, de façon importante, la Roumanie et la Grèce, sur des activités gérées d’une certaine manière depuis ces pays, comme vous pouvez l’imaginer.
Il y a aussi le Royaume-Uni. Tout dépend si on le considère comme faisant partie de l’Europe : pour ma part, je l’y inclus, notamment sur le plan militaire, et j’estime important d’y être présent. Nous y avons donc quelques activités.
Mais au-delà, et je ne l’ai pas cité, l’OTAN reste un canal de développement à part entière, et une réponse à la fragmentation des marchés, notamment pour les plus petits pays. Pour nous, c’est donc important.
Notre présence dans ces pays recouvre à la fois des centres de développement – certains de nos produits y étant développés en particulier – et une relation forte avec les ministères des armées concernés.
Vous venez justement de lancer ELIT AI, déjà commandé par la DGA-MI. En quoi ce capteur ELINT change-t-il la donne face aux radars de nouvelle génération, et, avec CARACAL et OSCAR, visez-vous une logique de « système de systèmes » dans le spectre électromagnétique ?
L’intérêt de notre nouveau produit, c’est qu’il permet d’accélérer fortement la caractérisation des signaux radar grâce à des logiques d’intelligence artificielle. C’est cela, je pense, qui en fait la singularité. Et c’est important aussi bien dans la partie guerre électronique (GE), qu’il s’agisse d’ELINT2 ou de COMINT3, que dans la partie cyber.
Votre question sur le « système de systèmes » est très bonne, parce que c’est un domaine où, de notre point de vue, des investissements restent nécessaires dans beaucoup de pays européens pour en disposer pleinement. Sans afficher de prétentions hégémoniques, ce n’est pas le mode de fonctionnement d’Eviden, apporter une capacité qui combine le capteur et le C24, ce que nous sommes vraiment capables de faire, fait partie de l’offre que nous voulons développer. Nous pensons qu’il y a là, en Europe, un besoin insuffisamment entendu aujourd’hui.
C’est donc vraiment notre ambition, dans une logique globale de contrôle du spectre : disposer d’une gamme de capteurs extrêmement performants, et être capables de les piloter, d’apporter le C2 nécessaire pour avoir une electronic warfare situation awareness de bon niveau, et donc d’être en mesure de conduire l’action.
La guerre en Ukraine a révélé l’intensité de la lutte dans le champ électromagnétique. Quels enseignements en tirez-vous pour vos développements ?
Il y en a beaucoup, et de natures différentes. L’un des plus marquants, évidemment lié à la guerre électronique, c’est la dronisation massive et généralisée, à un niveau dont on parle beaucoup depuis trois ans mais dont on mesure aujourd’hui toute l’intensité. D’où l’importance de la guerre électronique, et de sa combinaison avec le cyber, pour être capable de produire des effets sur ces masses de drones.
C’est sur ce terrain que nous nous concentrons, avec un autre axe de développement : le contrôle des drones, et la partie plus dynamique consistant à résister ou à lutter contre eux. Dans ce cadre, la caractérisation et la détection viennent en premier : avant de produire des effets, il faut savoir ce que l’on a en face de soi.
Ce conflit pose aussi une question de rythme. Il montre une innovation tactique très rapide des deux côtés. Les industriels européens sont-ils assez agiles pour suivre ce rythme ?
C’est un enjeu qui se pose différemment selon les activités. Comme certains de nos concurrents, mais à la différence de beaucoup d’autres, nous avons cette double caractéristique dont je parlais : être capables de traiter les sujets les plus critiques en défense, tout en nous appuyant sur un groupe de services numériques dont l’agilité fait partie de l’ADN.
L’une de nos forces, notamment dans la BITD française, a été de développer sur mesure, rapidement et déjà sur un mode itératif avec nos donneurs d’ordre, un certain nombre de produits, électroniques notamment, qui correspondaient à ce qu’ils voulaient tester.
L’autre élément important, c’est l’innovation des industriels et le passage à l’échelle. Chez Eviden, nous avons, par rapport à d’autres acteurs, une tradition produit assez forte. Et qui dit tradition produit dit autofinancement : nous menons une R&D propre, en dehors des programmes classiques de la Direction générale de l’armement (DGA). Cette R&D, nous la proposons ensuite aux ministères des armées d’autres pays, ce qui nous permet de voir comment passer à l’échelle. Je pense que cela fait partie des manières dont la BITD doit se transformer, en particulier dans le domaine électronique.
Cela correspond à notre mode de fonctionnement depuis une dizaine d’années : auto-investir sur les produits. Et c’est ce qui permet de tenir le rythme d’innovation tactique : travailler directement avec les utilisateurs, les industriels apportant leurs innovations technologiques et les forces armées leur innovation tactique, pour être capables d’y répondre.
C’est le positionnement que nous cherchons à avoir, que nous avons démontré par le passé, et qui correspond à la direction que veut prendre la DGA, telle qu’elle l’a formulée dans sa stratégie publiée récemment.
Les drones et munitions téléopérées saturent désormais le champ de bataille. Quelle est la place d’Eviden dans cet écosystème, et voyez-vous dans la lutte anti-drones (LAD) une opportunité prioritaire ?
Aujourd’hui, la lutte anti-drone au sens de l’effecteur n’est pas notre cœur d’activité, en tout cas pas l’effecteur massif, comme le font un certain nombre de nos concurrents qui proposent des émetteurs de puissance. Nous sommes plutôt, comme je le disais, sur la maîtrise du spectre, sur des effets couplés guerre électronique/cyber.
Aussi, nous travaillons surtout sur ce qui est embarqué : l’emport de charge utile sur les drones, et donc la création de cette situation awareness. Ensuite, il existe toute une gamme de moyens pour neutraliser un drone, depuis des drones qui viennent capturer le drone adverse, ou des émissions de puissance à effet faible, jusqu’aux drones équipés de gatlings, qui, elles, ne relèvent pas de notre activité. Mais le cœur de l’anti-drone, la situation awareness de guerre électronique et le couplage avec le cyber, cela fait partie de notre portefeuille.
Le combat collaboratif et le cloud de combat sont souvent présentés comme l’aboutissement, non le socle. Êtes-vous d’accord pour dire qu’il faut d’abord des prérequis solides en C2 et guerre électronique ?
Sur le cloud de combat, l’élément important, c’est de disposer d’un C2 unifié de bon niveau, capable ensuite d’intégrer des moyens de communication différents.
C’est aussi une conséquence de la dronisation : à un moment donné, vous avez besoin sur le champ de bataille de communications militaires tactiques très sécurisées, très formelles, à très faible débit ; à un autre, il est plus simple de s’appuyer sur tel ou tel réseau de télécommunications civil, voire sur les réseaux satellitaires. La couche d’uniformisation n’est donc pas la couche réseau : c’est la couche C2.
La couche C2 et la couche guerre électronique forment ensemble la couche de pilotage du combat collaboratif, avec l’interconnexion de multiples réseaux, un peu comme dans le monde civil où la couche IP unifie des réseaux sous-jacents tous différents, que l’on mobilise selon la disponibilité et le besoin.
Le quantique remet en cause la cryptographie actuelle. Où en êtes-vous dans le déploiement de vos algorithmes post-quantiques et les trajectoires de migration ?
Nous disposons d’une gamme de produits de chiffrement qui va de l’identité numérique jusqu’au chiffreur, en passant par la PKI5 et le système de gestion de clés. L’ensemble de ce système a besoin d’évoluer vers une protection post-quantique, que ce soit au niveau de la signature ou à différents autres niveaux.
Il y a aujourd’hui un calendrier mis en place par le ministère des Armées et l’ANSSI6, avec une vraie échéance à 2029 : l’ANSSI a annoncé qu’à partir de cette date, elle ne qualifierait plus que des produits réellement dotés de chiffrement post-quantique. Or beaucoup de nos produits sont déjà « post-quantique ready ». Ils peuvent embarquer des algorithmes post-quantiques, qu’il revient ensuite à l’utilisateur d’activer ou non.
Nous avons donc beaucoup de produits identifiés sur cette trajectoire calendaire de 2029, des chiffreurs notamment, capables d’intégrer le post-quantique par défaut. Et c’est vrai sur l’ensemble de notre activité : nous couvrons le chiffrement pour le secteur de la défense, mais aussi pour les opérateurs d’infrastructures vitales (OIV), le monde bancaire et d’autres secteurs. C’est une autre de nos caractéristiques : nous opérons des gammes séparées, pour des raisons évidentes de sécurité, mais qui bénéficient d’un socle technologique commun, de façon cohérente.
Comment financez-vous votre R&D depuis la cession de Bull ?
Historiquement, Bull et Eviden investissaient en R&D sur des domaines assez différents : d’un côté, les supercalculateurs ; de l’autre, l’analyse vidéo assistée par l’IA, le chiffrement ou les nouvelles technologies de guerre électronique. Des domaines somme toute assez parallèles. Le financement repose donc sur l’autofinancement d’Eviden, avec, en France, l’appui du Crédit impôt recherche (CIR), qui reste un élément important de la compétitivité française. Et sur les systèmes de défense, il y a évidemment aussi des programmes de la DGA qui viennent parfois aider à passer du proof of concept (POC) au passage à l’échelle.
Pour donner un ordre de grandeur, l’an dernier, Eviden a déposé davantage de brevets que Bull. Nous avons toujours eu cette activité, avec une famille de 720 brevets chez Eviden. Cette R&D propre, distincte de celle de Bull, a toujours existé : elle relève de l’autofinancement et de notre tradition d’auto-investissement.
Les infrastructures critiques (santé, énergie, finance, secteur public) sont des cibles privilégiées. Comment les protégez-vous face à des attaques désormais alimentées par l’IA ?
À un moment donné, au plus fort du buzz sur la souveraineté numérique en Europe, l’an dernier, la cybersécurité a été un peu oubliée. Je trouve cela regrettable. Avec l’avènement des grands modèles de langage et le débat autour des systèmes type Mythos (Claude) ou ChatGPT (OpenAI), il faut rappeler qu’on ne peut pas avoir de souveraineté numérique sans une cybersécurité au bon niveau. Et inversement, si l’on dispose d’une cybersécurité souveraine, on peut peut-être se permettre des systèmes un peu moins souverains dans le reste de l’architecture. L’un des effets bénéfiques de ce mouvement aura été de rappeler que la cybersécurité fait partie intégrante de la souveraineté numérique. C’est le premier point.
Deuxième point : il ne faut pas sous-estimer la capacité des IA, aujourd’hui, non seulement à trouver des vulnérabilités, ce qui n’est pas le plus critique, mais surtout à les chaîner (chaining) pour en faire un véritable chemin d’attaque. C’est là la vraie rupture des modèles actuels. Il faut donc, à un moment donné, combattre l’IA par l’IA. Nous avons équipé tous nos services de cybersécurité d’agents IA, pour tout ce qui est analyse de vulnérabilités et tests de pénétration (pentest), ainsi que sur la partie SOC7.
Nous traversons une période vraiment importante pour toutes les entreprises, en particulier critiques : il faut saisir le sujet des vulnérabilités créées par l’IA et de leurs conséquences sur les délais de patching, changer de mode de fonctionnement et intégrer pleinement l’automatisation et la rapidité qu’apporte l’intelligence artificielle dans tous leurs systèmes de cybersécurité, depuis la détection jusqu’à la remédiation. Car un élément est essentiel : on est passé, en trois ans, de quelques semaines à quelques minutes pour exploiter une vulnérabilité. Le métier, sur le fond, ne change pas tant que cela, mais la rapidité d’exécution devient critique.
Il va être difficile d’avoir une garantie à 100 % d’absence de pénétration. Ce qui est vraiment important, c’est de limiter l’impact d’une intrusion. Et cela renvoie à un second point : il est essentiel d’avoir une offre de cybersécurité qui couvre les technologies d’identification et d’authentification (IAM), et le chiffrement, tout ce qui relève de la protection de la donnée et de la gestion très fine des droits d’accès : qui a le droit d’accéder à quelle donnée, est-elle chiffrée ou non, et de quelle façon. C’est extrêmement important pour s’assurer que, si par malheur l’attaquant parvient à entrer, il ne puisse pas accéder à l’essentiel.
Chez Eviden, là où nous insistons en cybersécurité, c’est sur l’équipement en IA de toute la partie services, gérée sous la marque Atos, et sur le déploiement de systèmes d’identification, d’authentification et de chiffrement maîtrisés technologiquement, sans dépendance à des tiers, pour les opérateurs d’infrastructures vitales qui cherchent une offre souveraine de chiffrement et d’IAM. Eviden est aujourd’hui l’un des rares en Europe à la proposer. En résumé, il s’agit d’équiper les entreprises et nos services de la même puissance d’IA, pour être capables d’agir à la vitesse de la machine, et, de l’autre côté, de se protéger en cas d’intrusion par le chiffrement et par la gestion des identifications et des authentifications pour les droits d’accès.
Vous protégez environ 90 % des paiements par carte en France via vos modules matériels de sécurité. Comment transposez-vous cette expertise cryptographique au domaine militaire ?
Il y a des éléments importants dans la cryptographie : la latence, les algorithmes de chiffrement, bien sûr, et la capacité à gérer des plateformes adaptées aux besoins des clients. L’une de nos caractéristiques, c’est justement de savoir gérer des plateformes multi-usages. Nous avons plusieurs cas d’usage : les HSM (Hardware Security Module) de paiement, qui protègent 90 % des transactions par carte en France ; ce qu’on appelle les modules de sécurité d’infrastructures, que nous gérons aussi pour les opérateurs d’infrastructures vitales ; et enfin les activités de chiffrement pour le secteur de la défense.
Gérer ces différents cas d’usage nous donne une grande flexibilité et une bonne maîtrise des usages particuliers que l’on rencontre dans la défense, où les besoins ne sont pas du tout uniformes. C’est un mode de fonctionnement un peu différent de celui d’acteurs ayant une approche très industrielle et unique : savoir faire des choses flexibles pour des usages particuliers fait partie de notre positionnement. C’est la même équipe, en France, qui assure aussi bien le chiffrement de paiement que les HSM qualifiés en diffusion restreinte pour les opérateurs d’infrastructures vitales.
Si vous deviez désigner une seule technologie de rupture sur laquelle Eviden mise pour les cinq prochaines années, laquelle serait-ce, et pourquoi elle plutôt qu’une autre ?
La rupture aujourd’hui, c’est l’intelligence artificielle. On ne peut pas l’ignorer, parce qu’elle est déjà devant nous, alors que d’autres ruptures annoncées restent incertaines, ne serait-ce que dans leur calendrier. Et puis elle infuse vraiment dans tout ce que l’on fait : dans le C2, dans les drones, dans la partie radio et la guerre électronique, dans les interactions humaines, dans la vision, et jusque dans ses conséquences sur le chiffrement et l’authentification, avec son caractère désormais omniprésent.
Pour nous, c’est donc quelque chose qui impacte à la fois la façon dont nous développons, la façon dont nous concevons le produit et la façon dont il fonctionne.
Un livre qui vous accompagne ou vous inspire, dans votre rôle de dirigeant ?
J’adore la science-fiction, et en particulier les livres d’Isaac Asimov. Je pense notamment, en lien avec notre actualité, à la série des Multivac (Multiple vacuum tubes), sa série de prospective sur l’intelligence artificielle générale et ce que cela change dans le rapport à l’humanité. Cela n’a pas grand-chose à voir avec mon parcours de dirigeant, mais beaucoup à voir, je dirais, avec la technologie, la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
- Entreprise de services du numérique ↩︎
- Renseignement électronique ou Electronic Intelligence ↩︎
- Renseignement issu de l’interception de télécommunications ou Communications Intelligence ↩︎
- Commandement et contrôle ↩︎
- Infrastructure à clés publiques (ICP) ou public key infrastructure (PKI) ↩︎
- Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information ↩︎
- Centre des opérations de sécurité ou Security Operation Center ↩︎
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