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« La clé, c’est d’avoir des troupes en Ukraine » : Emmanuel Macron durcit le ton face à Poutine

Pierre SAUVETON
11 mai 2025 3 Mins de lecture

Lors de sa visite à Kiev ce samedi 10 mai 2025, Emmanuel Macron a réaffirmé sa position : pour garantir la crédibilité européenne face à la Russie, il faut des troupes en Ukraine. « La plus grande armée d’Europe aujourd’hui, c’est l’Ukraine, avec un million de combattants mobilisés. Aucune autre armée ne pourra atteindre une telle masse. La crédibilité ne passe pas par la quantité mais par l’engagement stratégique », a-t-il déclaré dans un entretien accordé au Parisien. Pour le président français, cette présence militaire européenne doit se concrétiser après la conclusion d’un cessez-le-feu, auquel la Russie n’a pas encore formellement adhéré.

Accompagné du chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, Emmanuel Macron a précisé que la force de réassurance envisagée prendrait la forme d’un déploiement limité : « quelques milliers » de soldats en deuxième rideau, loin de la ligne de front. Contrairement aux missions de maintien de la paix de l’ONU, cette force n’aurait pas pour vocation d’être neutre, mais bien de soutenir l’Ukraine de manière claire.

Macron défend un engagement militaire limité et stratégique

Pour Emmanuel Macron, l’idée est d’envoyer un message fort de dissuasion sans pour autant provoquer Moscou. « La clé, c’est d’avoir des troupes en Ukraine », a-t-il martelé, soulignant que la présence de soldats européens, même en nombre réduit, est indispensable pour garantir la crédibilité des engagements occidentaux. Cette force s’inspire des doctrines de dissuasion de l’OTAN, notamment de la European Reassurance Initiative lancée par Barack Obama en 2014. À l’époque, cette initiative visait à rassurer les États d’Europe de l’Est face à la menace russe par un renforcement des forces américaines et le pré-positionnement de matériel militaire.

Cependant, l’initiative reste conditionnée à plusieurs facteurs : la conclusion d’un cessez-le-feu, l’acceptation par les partenaires européens, et surtout la coordination avec les États-Unis. Sur ce dernier point, Emmanuel Macron a insisté : « Il faut garder les Américains engagés avec nous. Ce n’est pas confrontationnel avec les Américains, ils veulent s’occuper d’abord d’eux, de leur obsession chinoise, qu’on prenne plus notre part du fardeau. Et c’est bon pour les Américains : quelle serait la crédibilité d’une administration américaine qui aurait laissé l’Ukraine à la main de la Russie quand elle parle de Taïwan ? »

Une coordination militaire en cours

La présence du général Thierry Burkhard aux côtés d’Emmanuel Macron souligne l’importance des échanges militaires dans la préparation de cette force de réassurance. Le président français a d’ailleurs précisé que les discussions se poursuivent activement entre les chefs d’état-major européens. « C’est la discussion que nous continuons d’avoir, il y a eu plusieurs échanges entre nos chefs d’état-major britannique, français, ukrainien, qui ont coordonné le travail avec tous leurs partenaires, tout ça se précise et avance », a-t-il déclaré.

En droit français, la mise en œuvre de cette force de réassurance relève d’un processus complexe. La Constitution organise une dyarchie en matière de défense : l’article 15 confère au président de la République le rôle de « chef des armées », tandis que l’article 20 place les forces armées sous la responsabilité du gouvernement. Le Conseil de défense et de sécurité nationale, présidé par Emmanuel Macron mais incluant également le Premier ministre, devra donc valider cette décision.

Pour préparer l’éventuel déploiement, le chef d’état-major des armées a été envoyé en Ukraine pour étudier les modalités pratiques de la force de réassurance. Si elle se concrétise, cette force serait placée sous le commandement du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), en coordination avec le Conseil de défense.

La coordination avec les autres armées européennes est également cruciale pour assurer l’efficacité de cette force. Les structures de l’OTAN, déjà mobilisées pour les actions militaires conjointes, offriraient le cadre nécessaire à cette coopération. Les forces françaises et britanniques, habituées à opérer ensemble, pourraient rapidement s’adapter aux besoins d’une telle mission.

Un débat politique inévitable

Pour concrétiser cette initiative, l’Exécutif devra obtenir l’aval du Parlement. En effet, l’article 35 de la Constitution impose une autorisation parlementaire pour toute intervention militaire dépassant quatre mois. Or, l’actuelle Assemblée nationale, partagée sur l’engagement en Ukraine, pourrait rendre ce vote plus délicat que par le passé.

Emmanuel Macron reste néanmoins convaincu de la nécessité d’une force de réassurance. Pour lui, cet engagement militaire représente un signal fort de solidarité avec l’Ukraine, tout en affirmant l’unité européenne. « Ce n’est pas un acte de confrontation avec Washington, mais la construction d’une autonomie stratégique européenne en coopération avec nos alliés », a-t-il souligné. L’objectif : dissuader la Russie sans risquer une escalade.

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défenseEmmanuel MacronEuropeguerremilitaireThierry BurkhardUkraine

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