Pour surveiller les mers sans mobiliser ses hélicoptères, la Marine nationale mise sur les drones embarqués. La Direction générale de l’armement (DGA) vient de commander cinq nouveaux systèmes Camcopter S-100 auprès du fabricant autrichien Schiebel, portant la flotte française à huit systèmes au total. Les premières livraisons sont attendues à partir de 2026, chaque système comprenant deux appareils, et seront déployées sur les frégates multi-missions (FREMM), connectées au système de combat du bâtiment via le logiciel Steeris.
Le S-100 n’est pas un drone armé. C’est un appareil de surveillance qui décolle et atterrit verticalement, sans infrastructure particulière, ce qui le rend utilisable depuis presque n’importe quel navire. Il peut rester en vol plus de six heures, couvrir jusqu’à 200 km et emporter une caméra haute définition, un système d’identification des navires ou des capteurs de guerre électronique.
La Marine nationale l’utilise en mer depuis 2012, d’abord sur le patrouilleur L’Adroit, puis sur les bâtiments Dixmude, Mistral et Tonnerre. C’est aujourd’hui la Flottille 36F qui assure son exploitation, avec trois détachements opérationnels.
À bord d’une frégate, le S-100 prend en charge les missions de surveillance courantes (identification de navires suspects, contrôle des pêches, lutte contre le trafic de drogue) sans mobiliser l’hélicoptère embarqué, une ressource bien plus coûteuse à engager.
La Marine développe par ailleurs le VSR700 d’Airbus Helicopters, destiné à compléter le S-100 sur les missions les plus exigeantes, et attendu en service en 2028. Cette commande de S-100 n’est pas contradictoire : elle couvre l’intervalle et permet aux équipages d’accumuler de l’expérience opérationnelle avant la transition. Une logique de continuité autant que d’efficacité.
Photo © Corentin Charles / Marine Nationale