Naval Group choisit Belfort et Arabelle Solutions pour propulser le porte-avions France Libre
Le futur porte-avions français aura le cœur belfortain. Arabelle Solutions, filiale d’EDF, a été retenue par Naval Group pour concevoir et fabriquer les turbines du système de propulsion nucléaire du France Libre, le successeur du Charles-de-Gaulle attendu en service en 2038. L’annonce a été faite ce 24 mars, une semaine après le lancement officiel du programme par Emmanuel Macron à Saint-Nazaire.
Le contrat porte sur quatre turbines à vapeur, leurs régulateurs de vitesse et quatre sécheurs à grande vitesse : des équipements critiques, à livrer d’ici à 2030, qui seront fabriqués sur les sites de La Courneuve et de Belfort.
Le choix d’Arabelle Solutions ne surprend guère les connaisseurs du secteur. L’entreprise avait déjà fourni et entretenu les turbines du Charles de Gaulle depuis sa mise en service en 2001. Ses prédécesseurs avaient fait de même sur le Foch et le Clemenceau. Ce capital d’expérience, rare, voire unique en France sur ce segment, a clairement pesé dans la décision de Naval Group.
Le contrat s’inscrit dans une séquence favorable pour l’entreprise. Depuis son rachat à General Electric par EDF en 2024, Arabelle Solutions a recruté 500 personnes, retrouvé un cash-flow positif et engagé un programme d’investissement de 350 millions d’euros pour agrandir son site belfortain de 20 000 m2. Plus de 500 nouveaux recrutements sont prévus en 2026, portant l’effectif total à près de 4 000 salariés, dont la majorité à Belfort.
Le programme du nouveau porte-avions, estimé à plus de 12 milliards d’euros, mobilise quelque 800 entreprises françaises. Arabelle Solutions y occupe désormais une position centrale, celle d’un industriel qui a su transformer une longue histoire avec la Marine nationale en avantage concurrentiel difficile à contester.
Photo © Arabelle Solutions